Morgane
Camille
Lya
Le papier de mon livre
Pour bien comprendre les impacts du papier sur les forêts, il faut remonter la filière de
fabrication des produits. Un produit papier c’est un fabricant, une source de papier, une source de pâte à papier et du bois exploité. Du fait de la mondialisation, chacune de ces étapes peut mélanger plusieurs sources. Dans le cas des produits papiers, le papier qui les composent est généralement issu de la région où le produit est fabriqué, étant donné que le papier brut est lourd et fragile à transporter. Les papiers graphiques (ramettes) utilisés en France par exemple sont le plus souvent fabriqués en Europe. Tandis que les livres produits en Asie seront plus souvent faits à partir de papier issu de cette région. La pâte à papier qui entre dans la fabrication de ces papiers est une ressource mondialisée, au même titre que le blé, le maïs ou le soja. Elle se transporte partout dans le monde et les producteurs de papier en importent partout. Un produit “Fabriqué en France” ne garantit donc pas forcément que la pâte à papier soit française.Dans les pays comme l’Indonésie et le Brésil, il y a des risques que les bois proviennent de la déforestation, ou encore de monocultures qui se substituent aux forêts naturelles ou d’autres milieux à haute valeur de conservation, comme les tourbières. Alors que la déforestation touche surtout les pays tropicaux, la dégradation des forêts, liée à l’exploitation du bois non responsable, affecte les forêts tropicales et boréales, de même que des zones de forêts anciennes ou intactes. Les forêts tempérées, y compris européennes (Russie, Roumanie ou Ukraine) ou américaines (Sud-Est des États-Unis) ne sont pas épargnées. La diversité des produits, des producteurs et des pays d’origine introduisent différents risques dans la filière. Les produits et les pâtes à papier issus de certains pays représentent un risque pour la forêt lorsqu’ils ne sont pas certifiés. Certains produits, comme les livres, présentent aussi un risque de contenir des fibres issues de bois exploité illégalement. D’autre part, les normes environnementales de qualité pour les usines de pâte à papier et les imprimeries, très développées en Europe, ne le sont pas toujours autant ailleurs dans le monde. Alors que la filière papetière contribue encore dans certaines régions à la déforestation et la dégradation des forêts, la situation européenne est aussi un bel exemple d’une économie circulaire possible. De grandes perspectives apparaissent pour cette partie de la filière papier, même si elle ne peut pas remplacer la production de papier fibres vierges. La faible part des achats de papier recyclé en France pénalise le développement de l’économie circulaire locale, avec tous ses atouts de réduction d’impacts environnementaux (eau, énergie, ressources) et de création d’emplois. Alors que les emballages et le papier journal contiennent un fort pourcentage de fibres recyclées, les papiers d’impression-écriture eux n’en contiennent en moyenne que 10%. Il reste donc des progrès à faire, que ce soit dans le choix du recyclé ou dans le recyclage.